11 mai 10

Obama à l'université de HamptonDimanche 9 mai 2010, le président américain Barack Obama s’est adressé à des étudiants depuis l’université d’Hampton en Virginie. Il les a notamment mis en garde contre l’information spectacle .

«Avec les iPod, les iPad, les Xbox et PlayStation, – dont j’ignore comment chacun d’eux fonctionne – l’information devient une distraction, une diversion, une forme d’amusement plutôt qu’un outil d’épanouissement ou un moyen d’émancipation»
«Tout cela non seulement met de la pression sur chacun de nous, mais aussi sur notre pays et notre démocratie», a-t-il dit.

Le discours du président était avant tout destiné à une jeunesse qui ne dispose pas toujours des clés pour trier l’information.

«Vous entrez dans la vie adulte dans un monde où nous sommes bombardés d’informations en continu sur toutes sortes de sujets et qui nous exposent à toutes sortes d’argumentaires dont la véracité de certains est pour le moins douteuse». Le président a également regretté que «certaines informations les plus folles puissent rapidement être amplifiées» par les blogs, la radio ou la télévision. D’après lui, le monde se trouve à un moment «de changement époustouflant. Nous ne pouvons pas arrêter ces changements, mais nous pouvons nous y adapter».

Difficile de savoir à quoi exactement voulait faire référence le président américain, mais il est certain que la crise de confiance dans les médias (et son origine : la crise de fiabilité et de professionnalisme de ces mêmes médias), touche également les Etats-Unis, grand consomateur d’information (59 % des Américains s’informent quotidiennement sur Internet, combiné à des sources offline)

Cette déclaration survient un mois seulement après que le prix Pulitzer,  distinction suprême du journalisme américain, a été attribué dans la catégorie du reportage d’investigation à l’association proPublica pour une enquête diffusée sur le web. Son succès (plus d’un million de lectures malgré un rapport de 14 000 mots) avait poussé le New York Times Magazine  à reprendre l’enquête dans ses colonnes.
Ce fut une gifle pour les médias traditionnels qui se targuaient de conserver l’apanage de l’investigation. C’est la première fois qu’un site Internet remporte un Pulitzer.

Dans ce contexte, on peut supposer que l’avertissement ne s’adresse pas tant aux nouveaux media, qu’à la façon qu’ont les media, quels qu’ils soient, de diffuser l’information et d’en rendre compte davantage de façon et sur des critères de divertissement que sur des critères de vérité ou de sérieux.


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