Deux messages ont été envoyés, presque simultanément, à la presse, en ce début du mois d’avril.
Le premier est un Appel à la vérité lancé à l’initiative d’écrivains, journalistes et humoristes et reçoit les signatures de nombreux journalistes, hommes politiques, comédiens ou professeurs d’universités.
Cet appel survient après la campagne médiatique d’une rare violence dirigée contre l’Eglise catholique à l’occasion des révélations de faits de pédophilie chez certains prêtres dans ses rangs. Les medias, il est vrai, se sont lancés dans une véritable chasse à l’homme le mois dernier en faisant tout (et souvent trop) pour tenter d’atteindre le pape Benoît XVI directement au travers des révélations scandaleuses qui ont malmené l’Eglise ces dernières semaines.
L’appel regrette notamment
l’emballement et la surenchère médiatiques qui accompagnent ces affaires. Au-delà du droit à l’information, légitime et démocratique, nous ne pouvons que constater avec tristesse, en tant que chrétiens mais surtout en tant que citoyens, que de nombreux médias dans notre pays (et en Occident en général) traitent ces affaires avec partialité, méconnaissance ou délectation. De raccourcis en généralisations, le portrait de l’Église qui est fait dans la presse actuellement ne correspond pas à ce que vivent les chrétiens catholiques.
Tout en redisant notre horreur devant le crime de prêtres pédophiles et notre solidarité envers les victimes, nous appelons les médias à une éthique de responsabilité qui passerait par un traitement plus déontologique de ces affaires.
Cet appel survient au moment d’une deuxième affaire, celle de rumeurs d’infidélité mutuelle dans le couple présidentiel. Ces rumeurs rapportées sur le site du Journal du dimanche ont été énormément reprises dans les médias internationaux. Le couple présidentiel a décidé de porter plainte suite à ces diffamations, mais son entourage s’est montré très critique vis-à-vis de la presse et de ses méthodes d’intimidation avant que la France ne prenne la présidence du G20 en 2011.
M. Charon, conseiller en communication de M. Sarkozy, a ainsi déclaré :
« Nous faisons de cette ignominie un “casus belli”. Nous voulons aller jusqu’au bout pour que cela ne se reproduise plus jamais. Comme on dit, la peur doit changer de camp »
La société des journalistes du JDD a aussitôt réagit et juge « inacceptable le ton menaçant et inquisiteur de ces propos sans précédent ». M. Charron a précisé
« C’est pour signifier que maintenant ça suffit les conneries de la part de tous ceux qui colportent ça. Ca dépasse l’entendement ! ».
De son côté, la première dame de France s’est aussi interrogée sur l’éthique des médias :
« La rumeur fait partie de la nature humaine même si elle est un avilissement. Elle a toujours existé. Mais je méprise celle qui vient d’un blog internet et qui est signée Mickey ou Superman. Je méprise les soi-disant journalistes qui se servent des blogs comme d’une source crédible. »
« Le fait » [que les journalistes] « reprennent et propagent une rumeur sans fondement, répandue par une source anonyme me semble être une dérive pour la démocratie et une mise en péril des lettres de noblesse d’un métier dont le sens même est l’intégrité de l’information. »
Ces deux appels à plus de déontologie de la part des médias se rejoignent de façon tout à fait étonnante, et interpelleront, on peut le souhaiter, les journalistes qui croient oeuvrer pour le bien de l’humanité.
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