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18 Sep 14

Article rédigé par un visiteur. Topjournaliste se décharge de toute responsabilité quant à son contenu.

Heureusement que Michel Onfray était là pour porter l’avis des français sur le petit écran car les journalistes sur le plateau étaient affreusement conformistes…

Aucun journaliste n’ose dire qu’il faut 

 « Re-fonder l’Europe et le PS » et que la compétitivité n’est pas que le problème des couts salariaux… L’Europe a favorisé les délocalisation et nous laisse sans protection face à l’invasion des produits à bas couts venant d’asie.

Lorsque je travaillais pour Saint Gobain dans les années 1975 j’avais dirigé un projet de construction d’une Usine en Iran. En ce temps là, il fallait demander l’autorisation de l’état pour transférer les fonds, nous permettant de lancer le projet de construction. Si le projet détruisait des emplois le ministère pouvait mettre son veto.

Si l’état français ou l’Europe avaient conservé ce contrôle des fonds transférés, les délocalisations seraient maitrisées et ne détruiraient pas l’emploi en France.

Mais l’Europe s’est construite par les traités de Maastricht en 1992 et de Lisbonne en 2009 et l’article 63 libère les transferts de capitaux (dans l’Union Européenne mais aussi à l’extérieur)  ces mesures ont aussi, en même temps que les capitaux, libéré les délocalisations…

Mettons nous à la place d’une société du CAC 40. Pour accroitre les profits, ces entreprises ont pu délocaliser vers les pays asiatiques (par exemple) dont les coûts salariaux sont incomparablement plus faibles que nos coûts salariaux et contre lesquels nous ne pourrons jamais lutter.
En Europe même, la concurrence entre les pays européens (sur les coûts de MO et les avantages fiscaux aux entreprises) a permis d’industrialiser l’Irlande mais a jouée au détriment de pays comme l’Allemagne et la France qui avaient par des luttes syndicales organisé leur protection sociale. 

L’Europe s’est faite au détriment des 2 peuples fondateurs de l’Europe (la France et l’Allemagne) qui avaient des syndicats et avaient des avantages sociaux. 

Même si l’Allemagne résiste mieux que la France en raison d’un SMIC plus faible et surtout de la qualité de ses produits qui lui permet de concurrencer nos produits souvent moins chers mais dont l’image est moins bonne l’Allemagne souffre aussi du chômage. Pourtant à l’exemple de l’automobile les berlines allemandes se vendent beaucoup mieux et rapportent plus de marge que nos voitures. 

L’Allemagne résiste sans doute mieux que la France à cause du « nationalisme Allemand » car un industriel et un consommateur Allemand choisit toujours a prix et qualité comparable un produit Allemand.

 Mais à l’intérieur de la zone Euro, l’inflation (qui défavoriserait les retraités Allemand) est tellement maitrisée  avec un Euro de plus en plus cher, qu’on ne peux plus vendre nos propres produits hors de la zone Euro.

De plus l’innovation est en panne pour plusieurs raisons liées aux banques et aux politiques des grands groupes.

En fait on peut (si on est d’accord sur l’analyse des causes des délocalisations et de la désindustrialisation) proposer quelques solutions pour que notre situation s’améliore, je peux vous expliquer par email comment envisager des solutions mais il me faut quelques pages !

merci de me dire si vous souhaitez avoir connaissance de ces mesures (un peu décalées par rapport à tout ce qui est proposé par les économistes)

André (Paris)

 

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7 Juil 12

Deux écoles de journalisme ont organisé une simulation de vote en interne pour la présidentielle de 2012. La gauche en est sortie largement majoritaire jusqu’à ne compter, dans un cas, aucun vote en faveur d’un candidat de droite. Un résultat peu conforme à la chasse aux journalistes sarkozystes que certains journalistes ont cru pouvoir lancer.

Deux écoles de journalisme : le Centre de formation des journalistes () et Celsa (aussi connue comme L’École des hautes études en sciences de l’information et de la communication) viennent d’organiser en interne des sondages sur les intentions de vote lors de la présidentielle, dont ils ont publié les résultats sur Twitter. Dans les deux cas, près de 40% des sondés votent François Hollande, la majorité étant très largement à gauche (aucun vote à droite dans le cas du CFJ).

Pour François Ruffin, auteur de Les petits soldats du journalisme (Les Arènes / 2003), cette orientation massive à gauche des journalistes serait compensée par une orientation contraire de leurs dirigeants, et tente d’expliquer que les journalistes qui sont à gauche dans cette étude ne sont que des étudiants, qui n’ont pas la main sur l’information de demain, et que s’ils sont à gauche, c’est à cause des réformes imppopulaires de Nicolas Sarkozy et de la crise du capitalisme.

Pourtant, Mariane avait fait une étude similaire dans son N° 209(semaine du 23 au 29 avril 2001) en vue des élections de 2002,  avec les journalistes en poste cette fois, d’où il ressortait que 62 % d’entre eux votaient à gauche et 6% à droite. A l’époque, point de repoussoir Sarkozy, point de réformes, point de crise du capitalisme.

Philippe Cohen, ex rédacteur en chef adjoint de Mariane et rédacteur en chef de Mariane2.fr, avait commenté ce sondage de la façon suivante :

« N’est-il pas étonnant au sein d’une démocratie, que 6 % seulement des journalistes osent se déclarer électeurs de droite, quand on estime qu’au moins 50 % des Français votent ainsi ? Ou que 87 % des journalistes s’affirment favorables à la régularisation automatique de tous les « sans papiers » ? Il faudrait être quelques peu naïf, après cela, pour s’étonner du fossé, abyssal, qui se creuse entre la caste journalistique et la population. »

Seulement 27 % des Français font confiance aux médias d’après une étude d’opinion réalisée en 2009 par l’institut TNS Sofres pour le Cevipof. Le baromètre annuel de confiance dresse une grave perte de crédibilité des journalistes français auprès de la population.

 

Source 1 / Source 2


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7 Juil 12

Article rédigé par un visiteur. Topjournaliste se décharge de toute responsabilité quant à son contenu.

Beaucoup de Français ont dénoncé le rôle actif de beaucoup de médias dans l’élection de Hollande. Le fait que ce traitement de faveur perdure rend cette attitude suspecte. N’est-il pas vrai que cette corporation a obtenu la faveur d’une diminution substancielle de leurs impôts, rétablie, sous condition d’allégence, par Hollande au tout début de sa campagne?

Des recommandations proférées en off, mais audibles à la télévision! Il faudra bien percer l’abcès, car beaucoup en parlent sans savoir exactement. Cela paraît incongru en période de crise et déontologiquement pas glorieux!


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29 Mar 12

Article rédigé par un visiteur. Topjournaliste se décharge de toute responsabilité quant à son contenu.

Dans un article du 27 mars 2012, un Flash du Figaro (dont on devinera sans souci la source) s’emmêle les pinceaux et évoque un tremblement de terre mesuré sur l’échelle de Reuters.
A force de lire ce nom en gros titre de leurs dépêches, ça devait arriver.


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11 Mai 10

Obama à l'université de HamptonDimanche 9 mai 2010, le président américain Barack Obama s’est adressé à des étudiants depuis l’université d’Hampton en Virginie. Il les a notamment mis en garde contre l’information spectacle .

«Avec les iPod, les iPad, les Xbox et PlayStation, – dont j’ignore comment chacun d’eux fonctionne – l’information devient une distraction, une diversion, une forme d’amusement plutôt qu’un outil d’épanouissement ou un moyen d’émancipation»
«Tout cela non seulement met de la pression sur chacun de nous, mais aussi sur notre pays et notre démocratie», a-t-il dit.

Le discours du président était avant tout destiné à une jeunesse qui ne dispose pas toujours des clés pour trier l’information.

«Vous entrez dans la vie adulte dans un monde où nous sommes bombardés d’informations en continu sur toutes sortes de sujets et qui nous exposent à toutes sortes d’argumentaires dont la véracité de certains est pour le moins douteuse». Le président a également regretté que «certaines informations les plus folles puissent rapidement être amplifiées» par les blogs, la radio ou la télévision. D’après lui, le monde se trouve à un moment «de changement époustouflant. Nous ne pouvons pas arrêter ces changements, mais nous pouvons nous y adapter».

Difficile de savoir à quoi exactement voulait faire référence le président américain, mais il est certain que la crise de confiance dans les médias (et son origine : la crise de fiabilité et de professionnalisme de ces mêmes médias), touche également les Etats-Unis, grand consomateur d’information (59 % des Américains s’informent quotidiennement sur Internet, combiné à des sources offline)

Cette déclaration survient un mois seulement après que le prix Pulitzer,  distinction suprême du journalisme américain, a été attribué dans la catégorie du reportage d’investigation à l’association proPublica pour une enquête diffusée sur le web. Son succès (plus d’un million de lectures malgré un rapport de 14 000 mots) avait poussé le New York Times Magazine  à reprendre l’enquête dans ses colonnes.
Ce fut une gifle pour les médias traditionnels qui se targuaient de conserver l’apanage de l’investigation. C’est la première fois qu’un site Internet remporte un Pulitzer.

Dans ce contexte, on peut supposer que l’avertissement ne s’adresse pas tant aux nouveaux media, qu’à la façon qu’ont les media, quels qu’ils soient, de diffuser l’information et d’en rendre compte davantage de façon et sur des critères de divertissement que sur des critères de vérité ou de sérieux.


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6 Avr 10

Code de déontologieDeux messages ont été envoyés, presque simultanément, à la presse, en ce début du mois d’avril.

Le premier est un Appel à la vérité lancé à l’initiative d’écrivains, journalistes et humoristes  et reçoit les signatures de nombreux journalistes, hommes politiques, comédiens ou professeurs d’universités.
Cet appel survient après la campagne médiatique d’une rare violence dirigée contre l’Eglise catholique à l’occasion des révélations de faits de pédophilie chez certains prêtres dans ses rangs. Les medias, il est vrai, se sont lancés dans une véritable chasse à l’homme le mois dernier en faisant tout (et souvent trop) pour tenter d’atteindre le pape Benoît XVI directement au travers des révélations scandaleuses qui ont malmené l’Eglise ces dernières semaines.

L’appel regrette notamment

l’emballement et la surenchère médiatiques qui accompagnent ces affaires. Au-delà du droit à l’information, légitime et démocratique, nous ne pouvons que constater avec tristesse, en tant que chrétiens mais surtout en tant que citoyens, que de nombreux médias dans notre pays (et en Occident en général) traitent ces affaires avec partialité, méconnaissance ou délectation. De raccourcis en généralisations, le portrait de l’Église qui est fait dans la presse actuellement ne correspond pas à ce que vivent les chrétiens catholiques.

Tout en redisant notre horreur devant le crime de prêtres pédophiles et notre solidarité envers les victimes, nous appelons les médias à une éthique de responsabilité qui passerait par un traitement plus déontologique de ces affaires.

 

Cet appel survient au moment d’une deuxième affaire, celle de rumeurs d’infidélité mutuelle dans le couple présidentiel. Ces rumeurs rapportées sur le site du Journal du dimanche ont été énormément reprises dans les médias internationaux. Le couple présidentiel a décidé de porter plainte suite à ces diffamations, mais son entourage s’est montré très critique vis-à-vis de la presse et de ses méthodes d’intimidation avant que la France ne prenne la présidence du G20 en 2011.

M. Charon, conseiller en communication de M. Sarkozy, a ainsi déclaré  :

« Nous faisons de cette ignominie un “casus belli”. Nous voulons aller jusqu’au bout pour que cela ne se reproduise plus jamais. Comme on dit, la peur doit changer de camp »

La société des journalistes du JDD a aussitôt réagit et juge « inacceptable le ton menaçant et inquisiteur de ces propos sans précédent ». M. Charron a précisé

« C’est pour signifier que maintenant ça suffit les conneries de la part de tous ceux qui colportent ça. Ca dépasse l’entendement ! ».

De son côté, la première dame de France s’est aussi interrogée sur l’éthique des médias :

« La rumeur fait partie de la nature humaine même si elle est un avilissement. Elle a toujours existé. Mais je méprise celle qui vient d’un blog internet et qui est signée Mickey ou Superman. Je méprise les soi-disant journalistes qui se servent des blogs comme d’une source crédible. »
« Le fait » [que les journalistes] « reprennent et propagent une rumeur sans fondement, répandue par une source anonyme me semble être une dérive pour la démocratie et une mise en péril des lettres de noblesse d’un métier dont le sens même est l’intégrité de l’information. »

Ces deux appels à plus de déontologie de la part des médias se rejoignent de façon tout à fait étonnante, et interpelleront, on peut le souhaiter, les journalistes qui croient oeuvrer pour le bien de l’humanité.


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23 Fév 10

CSANon, ce serait trop beau.

Mais au moins, le CSA fait un petit pas dans ce sens jeudi 18 février 2010 en imposant à trois chaînes de télévision de diffuser sur leurs antennes, en «lieu et place», c’est à dire à l’endroit même où ces manquements ont été relevés, le contenu de la réprimande du CSA lorsqu’elles auront lieu.

Tf1, Canal + et France 2 sont visées et ont été mis en demeure, ou vont l’être, suite à des infractions relevées ces dernières semaines.  Les chaînes de télévision vont se trouver soumises au même régime juridique que la presse écrite et vont se voir contraintes de placarder ces condamnations à l’endroit exact où l’infraction a été relevée. 

Pour France 2, il s’agit d’un reportage dans lequel était annoncé à tort le décès d’un enfant, le 1er octobre 2009 dans le journal de 13H. Les membres du CSA s’étaient également émus de la diffusion d’images du récent tremblement de San Francisco (ou de celui du Sichuan en 2008 en Chine) utilisées par erreur par quelques chaînes pour illustrer des reportage sur le séisme d’Haïti.

Pour Canal + (et M6 également), il s’agit de la diffusion d’une séquence présentée comme un extrait d’un journal télévisé allemand où le présentateur s’amusait de la probable élection de Jean Sarkozy au conseil d’administration de l’EPAD. En réalité, cette séquence était un montage à caractère satirique.
A noter que souvent, les sources d’erreur proviennent de Twitter.

Pour Tf1, lui est reproché notamment un reportage dans le JT de 20h le 3 avril 2009 sur le projet de loi Hadopi accompagné d’images de l’hémicycle de l’Assemblée nationale plein, alors que 16 députés seulement étaient présents.

On est encore loin d’une responsabilité lourde des informations fausses qui pourraient être diffusées par ces medias considérés comme des sources fiables d’informations et susceptibles, on le sait, de provoquer des remous d’émotion dans la population française.
Mais c’est un premier pas engageant.


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12 Fév 10

Mardi 9 février 2010, Arte diffusait une émission spéciale sur les dérives du journalisme intitulée « 8 journalistes en colère » , et qui présentait en 24 minutes les réflexions de notables du journalisme tentant d’expliquer la perte d’audience et de crédibilité dont ils sont les victimes.

Les critiques se sont multipliées contre cette émission après diffusion, notamment parce que les journalistes présents désignaient manifestement internet comme le coupable et le grand méchant, mais aussi comme un danger pour la démocratie et la vérité.
Les réactions à la forme empathique et manipulatrice de l’émission, à la terrible méconnaissance du net, à l’absence de contradicteur dans cette émission, à l’amalgame entre complotistes et internautes (qui a été brossé via un documentaire sur les tenants du complot du 11 septembre), a été suffisamment analysée et je ne reviendrai pas dessus (voir un article de Marianne 2 :  Blogueur en colère ou cet article Effroyables imposteurs sur Arte), il n’y a rien qui vaille d’en parler.

En revanche, avec toutes les réserves que l’on peut effectivement faire sur la forme de l’émission (les questions manipulatrices qui font les réponses d’une voix en off dramatisant l’état des lieux notamment), les journalistes interrogés se sont tout de même livrés à une auto-critique de leur métier, et là il y a des choses qui valent le détour.

En tout premier lieu David Pujadas, chantre du 20h00 du France 2, fait un véritable mea culpa, et une vraie analyse d’un des problèmes du journalisme professionnel et consensuel, qui explique en effet qu’une grande partie des consommateurs d’info vont de préférence en rechercher une différente sur internet.

Voici ce qu’il déclare :

« – […] Je crois que le problème n’est pas à côté de nous mais en nous. Je crois que le journaliste n’est soumis à personne sauf à lui-même et pour moi il souffre d’abord de conformisme et de mimétisme. La presse écrite regarde la télé, la télé écoute les radios, les radios lisent les journaux. Et on a le sentiment d’un bruit de fond médiatique avec non seulement les mêmes sujets au même moment, mais avec les mêmes mots, les mêmes enchaînements, et surtout – surtout  – le même regard, la même sensibilité.
Qu’est-ce que ce regard ? Pour le résumer, c’est ce qu’on pourrait nommer le journalisme des bons sentiments […]. Émouvoir, toucher le cœur, mettre en scène la complainte ça fait de l’audience.

Mais il y a plus que ça. Le journalisme des bons sentiments c’est aussi une bien-pensance, c’est l’idée que, par définition, le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’État, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective. En fait c’est une sorte de dérive mal digérée de la défense de la veuve et et de l’orphelin : cette posture qui valorise le journaliste et qui a l’apparence (l’apparence) du courage et de la révolte.

L’autre problème du journalisme, c’est qu’il rend toute action politique vaine et dérisoire puisque par définition elle est imparfaite, elle ne satisfait pas tout le monde, et de toute façon, les medias valoriseront toujours ceux qui en font les frais ou qui crient le plus fort.

Alors que faire ? Sans doute tout simplement revenir aux fondamentaux du journalisme, s’écouter soi-même et laisser parler sa propre curiosité, ne pas se glisser dans un moule. »

[Suit une auto critique de son propre journal, notamment de l’affaire des suicides de France Telecom où il reconnaît s’être laissé embarqué trop vite dans la polémique sans vérifier que ce qui arrivait était effectivement singulier. Il reconnaît se laisser peut-être rouler par l’énorme vague du bruit fond médiatique sans prendre de hauteur]

Bien sûr, les critiques n’ont pas manqué contre ces propos puisque pour pertinents qu’ils soient, on a du mal à imaginer que David Pujadas les mettra à exécution, et son journal est bel et bien la caricature de ce qu’il dénonce. Mais je me démarquerai pour ma part de ces critiques trop rapides. Cette lucidité sur le métier qu’il exerce m’a agréablement étonné, et avoir conscience du mal, c’est déjà le préalable à sa guérison.
Je ne suis pas naïf, et je ne m’attend  plus que vous à voir le journal du 20h00 prendre soudain de la hauteur, et ne plus se conformer à tout ce David Pujadas dénonce. Mais au moins on sait qu’il a conscience de ce problème, et que peut-être quand les rédactions y seront acculées par le net (et on y vient à grands pas) les journalistes quitteront leur manteau de faux chevalier blanc et se mettront à faire de l’info, plutôt qu’à produire de l’émotion (laissez-moi rêver).

En tout cas, David Pujadas a su, et j’en suis étonné, décrypter le mal du journalisme, ce que je n’osais dire à un journaliste qui m’interviewait sur les motivations de ce site : les journalistes décident de ce qui est bien et de ce qui est mal et contraignent, par l’émotion, nos consciences à adopter leur point de vue. L’analyse de Pujadas est encore plus poussée, et j’y vois un espoir pour le journalisme de demain.

Philippe Val, directeur de France Inter et ancien rédacteur en chef de Charlie Hebdo, dresse la même analyse.

« Le pire ennemi du journalisme, c’est sa conviction à être au service du bien et de la pureté. Le journalisme n’est pas une religion. Contre la guerre, contre le cancer, contre la misère, contre le SIDA, contre le réchauffement climatique, contre la Grippe A, contre la faim dans le monde, contre les OGM et la disparition des ours polaires, contre LE MAL ! La tentation est grande de faire primer la thèse sur les faits.

[…] Ce n’est pas parce qu’il exprime son opinion qu’un journaliste est libre et indépendant. C’est quand il pense d’abord CONTRE son opinion pour livrer ensuite son analyse. […] Il y a des tas de sujet sur lesquels on ne peut pas discuter parce que c’est le bien, et le mal ! »

Les autres intervenants sont moins autocritiques. Ils villipendent le mauvais journalisme, sans avouer qu’ils en font partie, et villipendent surtout l’Internet, qui ouvre « une ère dangereuse » (sic).

Bon, passons sur la suite, et restons en à ces deux analyses lucides et qui méritent d’être répandues, ne serait-ce que pour forcer le journalisme institutionnel à prendre acte de cette auto critique et à se réformer enfin !


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9 Fév 10

Bon, l’info n’est pas très fraîche, mais ce n’est pas le but de ce site.

Le 18 décembre dernier, Backchich info révélait que l’AFP s’était royalement trompée en croyant interviewer Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, à sa descente de l’avion. Le journaliste s’est trompé en croyant le reconnaître, et le malicieux interlocuteur a décidé de ne pas corriger le journaliste et de jouer le jeu.

Dans l’instant une dépêche AFP tombait disant que Ban Ki-Moon se montrait optimiste sur la conférence, et tous les journaux du monde de reprendre l’info, exclusive il est vrai, de l’AFP sans prendre soin de vérifier… que Ban Ki-Moon était encore à New-York. Les media ont repris l’info tous en choeur sans qu’aucun d’entre eux ne la vérifie, jusqu’à ce que l’équipe de Ban Ki-Moon en prenne connaissance 4 heures plus tard et rectifie l’info : le secrétaire général de l’ONU ne serait à Copenhague que dans deux jours !

Les journaux se sont tous aussitôt retourné contre l’AFP, consternés d’une telle bourde, mais aucun semble-t-il ne s’est interrogé sur ses propres compétences et leur absurde excitation à relayer une info exclusive sans prendre le temps de la vérifier au moins un minimum  (« Tiens, il est déjà arrivé à Copenhague ? C’était son planning ? »).

Non, l’exclusivité compte plus que la véracité, mieux vaut être premier sur le coup que donner des infos exactes.

Cet exemple de l’AFP est mentionné parce qu’il a été relayé par Backchich info, mais tous les jours nous voyons des dépêches AFP tomber sans qu’elles ne contiennent la moindre trace de vérité et sans que personne ne les contrôle. Pourtant, elles sont répétées, et répétées, et répétées partout, par tous les médias… ou presque.

Quelques journaux prennent leur temps avant de reprendre une dépêche AFP, et croisent leurs propres sources d’information. J’ai repéré « Le Monde » un jour, qui changeait de ton d’avec la dépêche AFP, mais il y en a sûrement d’autres. Et pas ceux qui se prétendent les plus sérieux !


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7 Fév 10

La Croix vient de publier son baromètre annuel de confiance dans les médias, une étude réalisée par TNS Sofres auprès de 1000  français selon la méthode des quotas.

Les résultats montrent que 71% des français (des sondés en tous cas) portent de l’intérêt aux informations, contre 28% qui ne sont pas intéressés. Des chiffres dans les moyennes depuis 1987. Les plus intéressés par l’information sont les utilisateurs d’internet et ceux qui lisent la presse.

La confiance pour la véracité va d’abord à la radio (60% de confiance) , puis aux journaux (55%), puis à la télé (48%), puis à l’internet (35%). Paradoxalement, c’est quand même par la télévision que la majorité des sondés s’informent, loin devant les autres médias. Toutefois, plus le sondé est qualifié, moins il regarde la télé. Elle reste dans tous les cas en tête.
Ces résultats m’étonnent, car une autre étude, il me semble, montrait un chiffre beaucoup plus élevé pour la confiance et la consommation de l’information issue d’internet… A suivre.
Globalement les journaux et l’internet sont en gain de confiance de façon assez prononcée. Elle reste relative cependant : on ne s’attend pas à des informations exactes dans les médias quels qu’ils soient,  mais seulement proches de la réalité.

Les journalistes professionnels sont sévèrement jugés comme peu indépendants face aux partis politiques ou à l’argent. Cet indice est à son maximum depuis 1993, et aucun moyen d’information ne bénéficie de clémence. Les sympatisants de gauche sont les plus critiques à cet égard.

Les hommes sont davantages « lecteurs » (presse, internet) et les femmes « spectatrices » (radio, télé). Les moins de 35 ans et les professions qualifiées s’intéressent davantage à l’info par internet.

Pour les sondés, l’avenir appartient à la presse gratuite et à l’information sur internet gratuite et payante ! La télé et la radio ne bougeront pas, et la presse écrite payante sera en berne. Les mesures à prendre selon eux pour sauver la presse écrite réside dans une sensibilisation des jeunes à lire cette presse, et dans une meilleure qualité d’information de la part de cette presse ! L’étude révèle aussi une saturation des sondés sur certains sujets comme la grippe A, la mort de Michael Jackson, la maladie de Johnny Hallyday ou la main de Thierry Henry. Les médias ne savent manifestement pas passer à autre chose quand ils tiennent un sujet !

Voilà un bilan intéressant, même s’il manque des questions sur les relations entre media traditionnels et infomation sur internet. Mais le sondage est commandé par un journal papier qui s’intéresse donc surtout à ses problématiques, on ne peut pas lui en vouloir.

Merci en tout cas à lui de rendre ces résultats accessibles.


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